Sur les plages corses, là où les vagues caressent le sable, brillent de petits trésors blancs en spirale. Les anciens les appellent les yeux de Sainte-Lucie. Leur histoire est celle d’un amour plus fort que la raison.

Lucie était la plus belle fille de son village. Ses yeux, disait-on, rivalisaient avec l’éclat de la mer Tyrrhénienne. Un jeune pêcheur en tomba éperdument amoureux. Mais le destin est parfois cruel avec les cœurs purs…

Un matin d’orage, le fiancé de Lucie partit en mer. Les vagues dévorèrent sa barque. Lucie, folle de chagrin, monta sur les rochers qui surplombaient la plage. Dans un geste de désespoir absolu, elle s’arracha les yeux et les jeta aux flots, pour qu’ils continuent éternellement à chercher son bien-aimé dans les profondeurs marines.

Les dieux, émus par tant d’amour, transformèrent ses yeux en petits coquillages nacrés. Depuis, ils roulent avec les vagues, échouent sur le sable, portant en eux la spirale de l’infini comme le souvenir d’un amour éternel.

Les insulaires disent que ces coquillages ont le pouvoir de détourner le mauvais œil. Ils protègent ceux qui les portent, comme Lucie veille encore sur les amoureux depuis les abysses. Mais attention : on ne doit pas les chercher. C’est l’Œil de Sainte-Lucie qui choisit celui ou celle qui le trouvera.

Alors, si vous marchez sur une plage corse et qu’un petit disque nacré attire votre regard, peut-être Sainte-Lucie a-t-elle décidé de vous offrir sa protection. Gardez-le précieusement : il porte en lui l’histoire d’un amour plus fort que la mort elle-même.

Catégories : légendes

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